Je préviens le lecteur qu’il faut du souffle, sinon il finira cette lecture complètement essoufflé. L’écrit d’Agnès ne laisse pas d’ espace pour que le lecteur se perde dans ses divagations ou même saute quelques pages. Le rythme de sa narration traduit la tension, l’attente, le fait d’être pressée de conclure. Le temps verbal qu’elle imprime dans le texte n’est pas celui de la pensée, mais celui de l’action. C’est un livre qui éveillle, convoque, oblige à agir. Composé de sept parties, deux annexes et une longue bibliographie, a été garni d’um Préface pas le philosophe Bernard Henri-Lèvy. BHL affirme «qu’il a été nécessaire que ce livre soit écrit» (p. 11), non seulement du au fait qu’il raconte une bataille entre idées qu’eut lieu en France mais, au fait qu’il va dénuder une idéologie encore en construction laquelle mais qui possède des possibilités destructives de dimensions qui n’ont pas encore été évaluées.
Le premier chapitre, intitulé “L’émente”, est densement garni de références aux évenements actuels qui, em 2003, allumèrent une bataille entre les psychanalystes d’orientation lacanienne et l’émente du parlementaire, Mr. B. Accoyer, qui «prétendait imposer une régulation de l’éxercice des psychothérapies sans l’accord conçu d’avance par les pratiquants. Ce qui revient à dire qu’il représentait une menace pour l’avenir de la psychanalise. En effet, quelques jours plus tard, un vaste mouvement d’opinion, conduit par Jacques Alain Miller, faisait entendre sa vive inquiétude dans tout les coins de France» (p. 19). À cet assassinat manqué de la psychanalyse, n’a pas manqué la complicité de «publications hostiles à la psychanalyse qui usurpent le terme ‘science’ pour se justifier grâce à lui» (p. 29). Faux savoirs, séducteurs, qui font l’air de savoirs scientifiques et sous le pretexte d’assurer les droits du consommateur, lui confisquent le droit de choisir et la liberté democratique.
Em 2003, le Ministère Français annonce l’élaboration d’un «Plan Global pour la Santé Mentale» (Plan Clérry-Melin), produit sans que représentants de la psychanalyse, des psychothérapies et de la psychologie clinique eussent la moindre participation. Le plan et l’émente étaient deux faces d’un même projet: évaluer les psychothérapies, les cadrer et les soumettre au pouvoir le la médecine. Les psychiatres deviendraient des coordinateurs régionaux et décideraient autoritairement quel «psy» le citoyen devrait consulter. L’opinion éclairée, n’a pas tardé a reagir se présentant aux «Forums Psy» organisés tous les quinze jours. Devant un public nombreux, se sont pronnoncés, philosophes, écrivains, artistes et intellectuels reconnus comme le propre Bernard Henri-Lèvy, Jean-Claude Milner, Phillipe Soller et Catherine Clément. Hommes politiques de tendances diverses comme François Bayrou, Renaud Dutreil, Jean-Michel Fourgous et Bernard Kouchner se sont presentés. Les forums ont compté également avec l’intervention de plusieurs journalistes comme Jean Pierre Elkabbach et Edwy Plenel. Elizabeth Roudinesco a fait publique la nouvelle que les représentants d’importantes sociétés psychanalityques – La Société Psychanalitique de Paris, l’Association psychanalitique de la France, l’Organisation psychanalitique de Langue Française, l’Association Lacanienne internationale et la Société de Psychanalise Freudienne – consurent à se soumettre aux plans de l’État. «Bons lacaniens», comme Bernard Brusset de la SPP, se sont pressés à soutenir la politique de régulation et la soumissions des pratiques “psy” au pouvoir de la médecine.
Essentiellement, comme bien le démontre Agnès Aflalo, sous le prétexte d’éclairer le public et de discipliner l’éxercice des différentes pratiques «psy», le but était de montrer que les pratiques cadrées sur la parole n’avaient pas l’effet thérapeutique sur les sympthômes qui affligent le public, censé être mal informé et facilement trompé par diverses charlatans. Les psychothérapeutes du futur devraient faire leurs études dans des Instituts de Formation comme Il existe dans les Facultés de Médecine. Là, ils seraient entraînés à exercer les thérapies cognitives-comportamentales, ainsi comme la psychanalyse et autres spécialités à l’intérieur du cadre de formation psychyatrique. Un plan pour liquider les institutions psychanalityques, se mettait sournoisement en place, par leur assimilation aux degrés universitaires. En février 2004, l’INSERM2, en réponse à une demande de la Direction Générale de la Santé, publie son évaluation de trois psychothérapies. Les TCC3 ont été considérées les plus éficaces, toutefois, la psychanalyse ne fut même pas évaluée.
Em février 2005 le Ministre de la Santé, Pierre Douste-Blazy est apparu au V° Forum Psy. Il a débatu l’idée que la souffrance psychique puisse être mesurée et évaluée. Il rejetté le conte-rendu de l’INSERM et s’est engagé à l’enlever du site du Ministère. La réaction n’a pas tardé. Les adèptes du TCC publièrent le Livre Noir de la Psychanalise qui, à son tour, à engendré en réponse une série de textes courts, clairs et critiques à propôs de la TCC. S’intitulait: L’Anti-livre Noir de la Psychanalise. La bataille s’est poursuite et à amenné l’ECF à obtenir une victoire de poids. Le 5 mars 2006, elle a été reconnue comme une institution d’utilité publique. Finalement, début mars 2009, un nouveau projet, défendu devant l’Assemblée personnellement par Roselyne Bachelot – nouvelle Ministre de la Santé – en est venu a remplacé la loi Accoyer.
Si vous croyez que cette épopée est uniquement un délire paranoïaque d’un certain nombre d’analystes, iconoclastes, d’orientation lacanienne, Il est nécessaire une lecture attentive et sérieuse - si vous avez réussi a contenir vos rires – des deux chapitres qui suivent. L’auteur examine minutieusement les fondements épisthémiques de la relecture de la psychanalyse freudienne par rien de moins que l’ex-président de l’IPA, Daniel Widlöcher. Dévoué à un curieux aggiornammento des concepts psychanalytiques, il les découpe et les met en morceaux, en faisant ressortir leur incroyable unité. L’inconscient, le désir, la pulsion, l’angoisse, les affections, le transfert et l’interprétation se réduisent à la pensée. La découverte freudienne peut est placée entièrement dans le champ des sciences naturelles. D. W. supprime tous les obstacles – en particulier ceux qui dérivent du champ de la parole et du langage – et obtient la naturalisation de l’inconscient et du désir. La psychanalyse widlöchienne opère des miracles, parce qu’elle s’adapte parfaitement aux paramètres pseudo-scientifiques des thérapies cognitives-comportamentales et s’ouvre au dialogue avec les neuro-sciences. Son herméneutique prend son origine dans la linguistique parce que, faire consciene le non-conscient, equivaut à donner um sens à la pensée-action. Et, pour monter un autre degré dans l’échelle des sciences, Il sufit de se servir des neuro-sciences comme álibi pour proposer l’équivalence entre pensée et cerveau ou, encore mieux, entre l’état de la matière cérébrale et l’activité de la pensée. Inutile de préciser qu’ Agnès Aflalo présente ces conclusions avec toutes les références requises aux textes de l’auteur.
Bref, le lecteur pourra vérifier par soi-même. Il existe une liaison entre l’expansion du désir évaluationiste de la part du pouvoir public et ce lamentable travail de révision des fondements de la doctrine freudienne qui vise à l’adapter au goût pseudo-scientifique de notre civilisation.
Dans l’éffort d’élucider la formation d’une nouvelle vague – dans cet imense océan de fausse science dans lequel s’est tellement de fois submergée la civilisation occidentale – Agnès Aflalo a rédigé trois articles, dont les originaux furent publiés dans la revue Le Nouvel Âne et qui, réécrits, sont devenus les trois chapitres suivants. Le chapitre IV analise les thérapies cognitives-comportamentales. Il dénonce la liaison étroite entre les préssuposés methodologiques de cette approche et l’objectification de ce nouvel «homme sans qualités» taillé sous mesure par le goût de la mesuration des âmes. Privé de la parole, qui est l’endroit où apparaît la singularité de désir et la responsabilité par la jouissance, « l’homme sans qualités » paraît plus docile à la standardisation. Le chapitre V verse sur les effets du déclin épistémologique de la fine sémiologie – qui s’est abattue sur la clinique psychiatrique et dans laquelle se fondent autant Freud que Lacan – remplacée par la méthodologie statistique qui domine l’épidemiologie em santé mentale. À la place du diagnostic fondé sur la structure du symptôme, la mentalité épidemiologique veut imposer la classification de tourments mentaux pulvérisés em phénomênes dispersés, car destitués de leur propre logique. Le chapitre VI s’occupe du thème de la psychyatrie biopsychosociale. Nous n’avons reconnu la dedans la critique d’inspiration foucaultienne aux biopouvoirs, qui visent contrôler les populations dangereuses, forger de nouvelles habitudes, chasser la jouissance inutile, réduire les risques et mettre en place une politique qui publie un ideal de santé sans sujet.
Finalement, le chapitre VII reprend la voie ouverte par Lacan quand, en son Séminaire XVI il prévoyait que le savoir entrerait dans le marché, se transformerait en marchandise qui se vend et s’achête, une fois réduit en diplome universitaire. Sans doûte, Il y a des secteurs du discours universitaire qui travaillent pour imposer à tous les segments sociaux, à toutes les politiques et à toutes les activités une même éxigence: «qualité totale». Supprimer les libertés démocratiques et les remplacer par la satisfation du consommateur, je pense que peut se retrouver dans ce slogan le véritable régent de cette grande orquestre de pseudo-savoirs et de pouvoir acéphale.
Ce livre arrive à un bon moment. Réapparait la tentative de soumettre les psychologues cliniques et les psychanalystes au pouvoir discrétionnaire du médecin, en territoire brésilien. Nous nous y sommes habitués. Il est incroyable que des professionels sérieux, formés pour l’éxercice responsable de la médecine, prétendent êtres en conditions d’ indiquer à quel type de psychothérapie um patient doit se soumettre. Pendant que nous nous préparons à encore une bataille, la lecture de ce livre peut nous pourvoir d’une excellente munition.
Nota:
1. Psychanalyste, Membre de L’École de la Cause Freudienne et de L’Association Mondiale de Psychanalyse, psychiatre et ancien praticien hospitalier, directrice adjointe de la publication du Journal Le Nouvel Âne.
2. INSERM: Institut national pour la santé, l’enseignement et la recherche medicales.
3. TCC: thérapie cognitivocomportamental.
Texto recebido em: 15/10/2009
Aprovado em: 21/01/2010
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